91ŃÇÉ«

Le projet d’apprentissage réseauté à l’échelle mondiale inspire les futurs enseignants de langue française

Elaine Smith

Un enseignant d’immersion française du secondaire met en place un programme afin d’aider les Ă©tudiants du Collège Glendon de l’UniversitĂ© 91ŃÇÉ« Ă  tisser des liens et Ă  progresser. 

Participant assidu du programme Global Scholars aux niveaux primaire et secondaire, Jafar Hussain comprend depuis longtemps l’importance pour ses Ă©lèves d’établir des liens interculturels. Ainsi, lorsqu’il a Ă©tĂ© dĂ©tachĂ© au campus Glendon de 91ŃÇÉ« en tant que directeur de cours, il a dĂ©cidĂ© que l’approche globale Ă©tait tout aussi importante Ă  l’universitĂ©.

Il s’est plongĂ© dans un projet GNL avec les Ă©tudiants de son cours Teaching & Learning French in a Core French Context (Enseignement et apprentissage du français dans un contexte français de base). Le GNL (Globally Networked Learning en anglais) est une approche de l’enseignement, de l’apprentissage et de la recherche qui permet Ă  la population Ă©tudiante, au corps professoral et Ă  des chercheurs non universitaires de diffĂ©rents endroits du monde de participer et de collaborer Ă  des processus d’acquisition de connaissances et Ă  des projets de recherche concrets.

« Je voulais apporter Ă  mes Ă©lèves une nouvelle perspective sur les diffĂ©rentes formes de l’apprentissage, a dĂ©clarĂ© M. Hussain Ă  propos de ses projets pour ses Ă©lèves. Mon propre parcours avec des Ă©lèves de la maternelle Ă  la 12e annĂ©e, conjuguĂ© Ă  de tels programmes, a dĂ©montrĂ© que ces expĂ©riences sont fructueuses et enrichissantes. Â»

Sa classe, donnĂ©e en français, Ă©tait composĂ©e d’étudiants au baccalaurĂ©at en Ă©ducation (B. Éd.) suivant la dernière annĂ©e du programme simultanĂ© de formation d’enseignants du français langue seconde. Avec l’aide de 91ŃÇÉ« International, M. Hussain est entrĂ© en contact avec la professeure Caroline Andrade de l’Universidad Desarollo au Chili et ses Ă©tudiants et Ă©tudiantes en Ă©ducation hispanophones qui envisagent d’enseigner l’anglais langue seconde. 

Comme toustes se destinent Ă  l’enseignement des langues, les professeurs les ont rĂ©partis en groupes provenant des deux universitĂ©s et leur ont donnĂ© une mission : se prĂ©senter, discuter d’un problème qui affecte l’apprentissage des langues et crĂ©er un balado commun pour l’expliquer. Ils ont Ă©galement demandĂ© Ă  chaque groupe d’utiliser l’intelligence artificielle (IA) et de crĂ©er une image pour leur balado afin de sensibiliser Ă  une utilisation responsable de l’IA.

« Une partie du dĂ©veloppement des compĂ©tences mondiales consiste Ă  franchir les barrières de la communication, et nous savions qu’ici, tout le monde se dĂ©brouille en anglais, a dĂ©clarĂ© M. Hussain. Le vĂ©ritable objectif de la mission Ă©tait de les rĂ©unir. Ce qui Ă©tait important, c’était l’expĂ©rience de travailler ensemble pour essayer d’atteindre l’objectif. Â»

« Aucun d’entre nous n’avait encore rĂ©alisĂ© de projet international et certaines personnes Ă©taient sceptiques, mais Jafar nous a dit dès le dĂ©but de nous concentrer sur l’expĂ©rience et de ne pas nous inquiĂ©ter du rĂ©sultat Â», a dĂ©clarĂ© Ana Kraljevic, une Ă©tudiante de la classe, qui espère poursuivre une carrière dans le domaine de la politique et du leadership en matière d’éducation.

Son groupe a étudié l’insécurité linguistique, ses causes profondes et ses solutions.

« L’insĂ©curitĂ© linguistique fait rĂ©fĂ©rence Ă  toute forme d’apprĂ©hension qu’éprouve un nouvel apprenant Ă  parler la langue, qu’il s’agisse de la peur du jugement ou de l’incompĂ©tence, a dĂ©clarĂ© Mme Kraljevic. Nous apprenons le français et nos homologues chiliens apprennent l’anglais. L’insĂ©curitĂ© linguistique est un phĂ©nomène Ă©norme et complexe et nous voulons la rĂ©duire pour les futurs Ă©tudiants et Ă©tudiantes. Â»

Le projet a Ă©galement beaucoup plu Ă  Rosamaria Conenna, Ă©tudiante au baccalaurĂ©at en Ă©tudes françaises et Ă  la mineure en espagnol. Son groupe a choisi de discuter de « l’accentisme Â» : la façon dont les accents sont perçus dans la sociĂ©tĂ© et comment cette perception affecte les personnes qui apprennent des langues.

« C’est parfois dĂ©courageant d’avoir un accent, car lorsque votre interlocuteur l’entend, il se rabat souvent sur votre langue maternelle et vous prive de la possibilitĂ© de pratiquer, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Parler avec un accent peut ĂŞtre frustrant, surtout quand on sait que ce que l’on dit est correct.

Nous voulons que nos futurs Ă©tudiants sachent qu’il est tout Ă  fait normal d’avoir un accent et que cela ne doit pas les dĂ©courager de pratiquer les langues qu’ils et elles apprennent. Â»

Le groupe de Mme Conenna, comme les autres, a créé un groupe sur WhatsApp pour rester en contact et discuter de leurs expĂ©riences personnelles afin de transmettre leurs propres rĂ©cits de manière authentique. Chaque paire a enregistrĂ© un segment du balado, animĂ© par un membre de l’équipe qui prĂ©sentait le sujet, le groupe et qui fournissait des informations sur la recherche en la matière.

Les Ă©tudiants et Ă©tudiantes ont prĂ©sentĂ© leur travail de groupe Ă  l’ensemble de la classe et M. Hussain a Ă©tĂ© Ă©poustouflĂ©. « Tout s’est dĂ©roulĂ© Ă  merveille et tout le monde a pris conscience de l’importance de la mondialisation Â», a-t-il dĂ©clarĂ©. Il les a fĂ©licitĂ©s pour leur travail et leur a donnĂ© quelques conseils empreints de sagesse. « Rappelez-vous tous les obstacles que vous aviez imaginĂ©s et regardez ce que vous avez rĂ©ussi Ă  produire. Lorsque quelque chose semble insurmontable, c’est tellement plus agrĂ©able au fil d’arrivĂ©e Â», a-t-il conclu.

Mme Kraljevic pense dĂ©jĂ  Ă  la façon dont elle pourrait faire quelque chose de similaire avec les classes auxquelles elle enseignera Ă  l’avenir, et l’expĂ©rience a alimentĂ© les rĂŞves de Mme Conenna d’enseigner Ă  l’étranger.

Selon M. Hussain, « j’ai maintenant un modèle solide de ce Ă  quoi le GNL pourrait ressembler au niveau universitaire. Il y a eu des dĂ©fis des deux cĂ´tĂ©s, mais l’expĂ©rience d’apprentissage est extrĂŞmement riche. Â»

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